LETTRE DU MAIRE N°15

Il apparaît nécessaire de faire le point sur deux sujets qui font beaucoup parler les Cloharsiens : le devenir de l'ancienne usine " Capitaine COOK " et la nouvelle station d'épuration.

L'usine " Capitaine COOK"

Actuellement un compromis de vente a été signé entre le propriétaire (groupe Intermarché) et le groupe Eiffage. Ce dernier envisage de construire une résidence hôtelière et il a déposé un permis dans ce sens.

Disons le tout net, la commune ne fera pas l'acquisition de cette friche industrielle en utilisant son droit de préemption.

Elle ne le fera pas parce que :

- Le prix annoncé n'est pas à la portée d'une commune comme la nôtre. Cette somme représente 42 % des recettes annuelles réelles de la commune.

- La préemption suppose un projet communal d'intérêt général. Pour l'heure l'on voit mal quel pourrait être ce projet. Les idées émises ici et là (musée de la sardine, centre culturel dédié à la danse ou à la peinture) sont irréalistes. Elles nécessiteraient des investissements d'un montant au moins équivalent à celui de l'achat et des frais de fonctionnement considérables.

Ce très beau site représente un certain nombre d'inconvénients liés à son éloignement des grandes voies de communication. Cela explique que finalement peu de professionnels s'y sont réellement intéressés.

En mon âme et conscience, je ne me sens pas le droit, pour la commune, de me lancer dans ce type d'entreprise qui compromettrait d'autres projets Communaux, comme la bibliothèque, autrement plus utiles aux Cloharsiens.

Le projet du groupe Eiffage est, de l'avis des conseillers municipaux qui l'ont vu lors de la visite d'une réalisation de même nature organisée par le concepteur à Fouesnant (sauf les conseillers de l'opposition qui n'ont pas répondu à l'invitation) est un bon projet. L'opérateur a pris en compte les avis des conseillers municipaux ainsi que ceux de l'architecte des bâtiments de France. Sa réalisation permettrait d'éliminer les ruines de l'usine qui constituent véritablement une verrue dans le paysage Doëlannais alors que de gros efforts viennent d'être consentis par l'équipe municipale afin de remettre le port en état.
La commission d'urbanisme s'est prononcée favorablement le 26/06 sur le permis de construire déposé.
De surcroît, des améliorations de détail restent possibles.

Une résidence hôtelière en cet endroit contribuerait à animer pendant plus de six mois (huit selon le concepteur du projet) la vie Doëlannaise un peu triste en dehors des deux mois d'été. Les occupants de la résidence seraient également des clients potentiels pour les commerçants locaux.

Certains opposants au projet ont prétendu que le prix de ce terrain n'était pas très élevé. La Commune ne s'opposerait pas à ce que ces personnes créent une SCI, fassent l'acquisition de la friche et réalisent en ce lieu un beau projet respectueux des règles d'urbanisme en vigueur.



La Station d'épuration

Lors de sa séance du 15 février 2002 le conseil municipal, votant à bulletin secret en isoloir, a retenu le site du Rostel pour y construire la nouvelle station d'épuration. Aussitôt après ce vote, un comité de défense du Rostel, composé de riverains et de membres de certaines associations s'est constitué en association avec pour but d'empêcher la construction de la station sur le site démocratiquement choisi.

Ce comité a déposé un 1° recours au Tribunal Administratif de Rennes contre le choix du site. Il a été débouté en 1° instance et en appel. Il a même été condamné (fait rarissime) à 1500 euros en appel.
A un moment nous avons commencé à entendre dire que le choix le meilleur pour construire la station serait Ker-Anna sur les hauteurs de la commune.
Cette idée est techniquement et financièrement inadmissible car entre autres raisons :

- Les stations sont généralement construites sur les points les plus bas possibles de manière à profiter de la pente et éviter d'avoir à créer des stations de relèvement onéreuses à la construction et en fonctionnement.

- Elle augmenterait le prix de la station de manière considérable. Une 1° analyse du cabinet Bourgois estime à 3 millions d'euros le surcoût engendré par les kilomètres supplémentaires de réseaux qu'il serait nécessaire de réaliser. De plus compte tenu de la nature du terrain, très humide en cet endroit, il serait obligatoire de renforcer les structures de la station. Les frais de fonctionnement seraient par ailleurs beaucoup plus élevés.

- La réalisation des réseaux engendrerait d'énormes contraintes de circulation au centre bourg pendant de longs mois avec des conséquences certaines sur la vie commerciale et sociale de la commune.

L'erreur manifeste de cette proposition a été démontrée par une lettre du Préfet et par l'enquête publique. Vouloir la maintenir ne peut s'expliquer que par le désir de nuire ou par une particulière incompétence technique. Pour ma part je fais davantage confiance à des ingénieurs de la DDE et de cabinets spécialisés qui passent leur vie à construire des stations qu'à des ingénieurs autoproclamés spécialistes de la question sans jamais avoir participé à la construction d'une seule d'entre elles.

Le 17/10/2005 le Préfet signe l'arrêté de déclaration d'utilité publique. Cet arrêté a fait aussitôt l'objet d'un 2° recours au Tribunal Administratif.
Le 19 mai 2006 je signe le permis de construire et ce permis fait l'objet d'un 3° recours. Ce dernier recours est susceptible d'aboutir compte tenu de la jurisprudence actuelle.

En effet si la loi "littoral" autorise la construction d'équipements publics y compris dans les espaces proches du rivage, le juge administratif estime, du fait d'une mauvaise rédaction de la loi, qu'une station d'épuration n'est pas un équipement public mais une urbanisation. La loi "littoral" précise qu'une urbanisation nouvelle n'est possible que dans les zones urbanisées. Pour Clohars il faudrait donc réaliser notre station au bourg, à Doëlan ou au Pouldu !

L'absence de nouvelle station pénalise lourdement la Commune. En particulier elle empêche la construction de logements publics accessibles aux jeunes foyers. La réalisation de nouveaux équipements épuratoires devient urgente. Plusieurs incidents, heureusement mineurs, sont venus nous faire prendre conscience de la gravité du problème.

NOUS SOMMES A LA VEILLE D'UNE CATASTROPHE !

Il suffirait d'un très gros orage pour faire déborder la station. Nos plages risqueraient d'être polluées pendant de nombreux jours. L'impact médiatique serait énorme et la commune en pâtirait pendant plusieurs années avec toutes les conséquences que nous pouvons imaginer : sur l'ensemble de l'économie locale (tourisme, commerce, construction, emploi…). Cela serait pire que la pollution de l'Erika car l'Etat ne serait pas engagé dans une affaire purement communale.

Et pourtant, il suffirait que le législateur précise dans un texte de loi qu'une station d'épuration est effectivement un équipement public pour que le recours n'ait aucune chance d'aboutir.

Il suffirait que le comité de défense du Rostel retire son recours pour que les travaux puissent commencer dans quelques semaines.

Il n'existe aucune raison environnementale, technique ou économique pour s'opposer valablement à ce projet. Alors !